L’ÎLE DE LA CITE PARIS QUE J’AIME

L’île de la cité, c’est l’embryon de notre capitale Paris, dont le nom proviendrait des Parisii, une peuplade gauloise de bateliers qui s’installa sur l’île 300 ans avant J.C. Un oppidum, une agglomération fortifiée du nom de Lutèce se constitue pour devenir la capitale des Parisii. En 53 avant J.C Jules César y aurait tenu son Grand Conseil des Gaules avant que son lieutenant Labiénus un an plus tard ne s’empare par ruse de Lutèce et en massacre toute la population. C’est en 508 que Clovis, chef incontestable de la Gaule fera de Lutèce devenue Paris sa capitale. Abordons l’île en traversant la Seine par le Pont Neuf, curieuse appellation car il est en fait le plus ancien des ponts de notre capitale. C’est Henri III qui en 1577 en décide la construction qui débutera en 1578 pour être interrompue de 1588 à 1598 pendant les guerres de religion. Henri IV en 1599 décide de reprendre les travaux qui s’achèveront en 1604. Long de 280 mètres et large de 30, ce pont non couvert dérogeait à l’aspect habituel de ces constructions, il ne supportait aucune maison ce qui permettait d’avoir de chaque côté  des trottoirs pour la circulation des piétons. Le fleuve franchi, sur la petite place du Pont Neuf, c’est le bon roi Henri qui nous accueille, enfin c’est plus tôt sa statue équestre et je vais vous en conter la curieuse histoire. En 1614 est élevée place Dauphine une statue à la gloire de Henri IV, les révolutionnaires de 1789 l’abattent. En 1814, une statue éphémère  est coulée pour la rentrée de Louis XVIII et porte l’inscription « Le retour de Louis fait revivre Henri ». Le 25 aout 1818 est inaugurée l’oeuvre de François-Frédéric Lemot que vous voyez aujourd’hui. En 2004, à l’occasion d’une restauration de la statue, on a découvert  dans le ventre du cheval différents objets qui y avaient été dissimulés 186 ans au paravent. En contrebas de la place du Pont Neuf, sur la pointe ouest de l’Île de la Cité qui comme l’étrave d’un bateau fend les flots le joli square du Vert Galant accueille à la belle saison les parisiens et les nombreux visiteurs étrangers à l’ombre de ses marronniers, saules pleureurs et autres espèces, où assis sur un banc l’on peut goûter  la fraicheur de l’air en lisant ou en admirant les jolis massifs fleuris; c’est ici la partie la plus basse de l’Île de la Cité avec un dénivelé d’environ 7 mètres avec la partie haute, au moment des crues le square peut être submergé en tout ou en partie.

La place Dauphine est un havre de paix qui s’ouvre au milieu du Pont Neuf par la petite rue Henri-Robert. C’est en 1607 que Henri IV cède ce terrain  au président du parlement de Paris Achille de Harlay, à charge pour lui de faire construire des maisons identiques sur les trois côtés d’une place triangulaire qui fut baptisée place Dauphine en l’honneur du dauphin le futur Louis XIII. Au cours des siècles plusieurs restructurations modifièrent l’aspect de la place dont la plus importante en 1874 ou Viollet le Duc fit abattre les immeubles formant la base du triangle pour dégager la façade arrière du Palais de Justice. Au sortir de la place Dauphine, le quai des Orfèvres, nommé ainsi car au 17ème et au 18ème siècle de grands joaillers y tenaient boutiques, mais ce que nous en connaissons aujourd’hui c’est le fameux numéro 36 où siège la préfecture de police. Les bâtiments actuels furent construits  sur l’emplacement de l’ancien hôtel du Premier Président de la Cour d’Appel de Paris détruit par un incendie lors de la Commune en 1871.

La Sainte Chapelle, en 1239 Louis IX achète pour 135.000 livres la couronne d’épines du Christ à l’empereur de Constantinople puis il se porte acquéreur  d’un morceau de la vraie Croix ainsi que de la lance qui perça le flanc de Jésus ce qui l’amena à vouloir construire un monument majestueux pour accueillir ces trésors de la chrétienté. Elevée en 33 mois dans le palais royal, elle est consacrée le 25 avril 1248. Les saintes reliques qui ont été sauvées de la révolution de 1789 sont maintenant conservées en la cathédrale Notre Dame de Paris sous la protection de l’archevêché. De style gothique rayonnant, la Sainte Chapelle du Palais est composée de deux éléments superposés, une chapelle basse qui accueillait les laïcs, les soldats et serviteurs qui dépendaient du palais et la chapelle haute directement reliée au palais réservée à la famille royale. En entrant dans la chapelle basse on a l’impression de pénétrer dans une crypte, ce qui est du a ses dimensions avec une hauteur sous plafond de seulement 6 mètres 60; voûtes et murs sont ornés d’une riche décoration dans les tons rouge, bleu et or. au fond de l’abside une statue de Louis IX nous rappelle que c’est à lui que nous devons cet édifice. La chapelle haute, quel contraste avec ce que nous venons de voir, une immense salle deux fois plus haute que large, les parois latérales et l’absidesont composées sur les deux tiers dela hauteur de vitraux aux tons bleu et rouge insérés entre de fines colonnettes, la partie basse est ornée de statues des apôtres. Au fond de la salle  dans l’abside une tribune à baldaquin abritait les saintes reliques. Depuis la révolution, la Sainte Chapelle a été désaffectée du culte et pourtant, deux fois par an la messe y est célébrée par l’aumônier du groupe catholique du Palais de Justice, à la Toussaint et le 19 mai pour la saint Yves patron des juristes. La conciergerie est une partie de l’ancien palais du roi sur laquelle  régnait le concierge, gouverneur de la maison royale, mais c’est comme antichambre de la mort que ce lieu est connu depuis la révolution de 1789, c’est là que siégeait le tribunal révolutionnaire sous la direction de Fouquier-Tinville, aujourd’hui c’est sans appréhension que l’on pénètre dans l’immense salle gothique dite: salle des gens d’armes. En 19 mois, environ 2600 prisonniers quittèrent la Conciergerie pour monter sur l’échafaud, parmi eux citons: Charlotte Corday, madame du Barry, André Chénier, Lavoisier. Pour clore cette visite de l’Île de la Cité il faut se rendre sur le parvis de Notre Dame de Paris que nous devons au baron Haussmann qui en rasant des îlots d’habitations a largement dégagé la façade du monument dont la construction voulue par Maurice de Sully débuta vers 1163. Après de nombreuses destructions et restaurations, nous découvrons Notre Dame telle que nous l’on laissé Viollet le Duc et Lassus après leurs travaux de restauration qui s’étalèrent de 1841 à 1864. Comment ne pas évoquer aussi le roman de Victor Hugo qui a pour cadre la cathédrale au Moyen-âge dans lequel évoluent ses personnages mythiques : Esméralda, Quasimodo, Claude Frollo, Phoebus de Châteaupers qui nous replongent dans le Paris des gueux de la Cour des Miracles.

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A propos francoisclaude

J'aime beaucoup voyager, en France comme à l'étranger et lors de ces déplacements, j'essaie de faire de bonnes photos et vidéos.
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8 commentaires pour L’ÎLE DE LA CITE PARIS QUE J’AIME

  1. vavadu92 dit :

    Paris et ses beaux quartiers j’aime aussi ♥
    Joli billet Claude toujours intéressant à te lire
    Bon début de semaine tjrs sous la chaleur .Bisous

  2. Merci VAVA, je fais mes valises pour une semaine au frais !

  3. jcbrossard1 dit :

    super reportage, j’aime beaucoup ce coin de Paris, on arrive à se promener tranquillement en prenant quelques petites rues. Amitiés MB

    • En ce moment, il y a un monde fou dans ce quartier, j’ai du renoncer à entrer dans la cathédrale, il y avait une heure de queue pour pénétrer dans l’édifice. je vous souhaite une bonne semaine.

  4. kmaidy dit :

    bonsoir Claude,
    merci pour cette promenade dans Paris,
    Depuis l’école, j’ai tjrs eu un faible pour Louis IX et les croisades et il faut souligner que st louis est un roi qui est resté toute sa vie amoureux de sa femme .
    bises et bonne semaine bien au frais !

    • Saint Louis a été un très grand roi de France, il faudra qu’un jour j’aille le retrouver au château de Vincennes, là ou parait il qu’il rendait la justice sous un chêne de la forêt! Bonne semaine et bises.

  5. kmaidy dit :

    C’était Jacques le Goff, l’historien spécialiste de st Louis mais quand nous sommes allés l’écouter lors d’une conférence dans notre ville, il respirait déja très mal et surtout il ne voulait plus du tout s’arrêter de parler intarissable sur le sujet … La justice rendue sous un chêne serait une légende mais st louis aimait s’adosser contre un arbre de Vincennes et faire venir à lui tous ses sujets désirant lui parler sans intermédiaire. Le requérant exposait librement son grief au souverain, qui ne rendait nullement la justice lui-même, mais faisait signe à un membre de son entourage, ayant le pouvoir de rendre la justice, qu’il se saisisse de l’affaire. Il ne voulait pas se substituer au système judiciaire qu’l avait mis en place . Il avait un grand souci et la même pour tous  » Nul ne sera privé de son droit sans faute reconnue et sans procès « ,
    bises et bonne soirée à toi Claude !
    faudrait trouver un jour où il n’y a pas trop de monde à Vincennes pour ta sortie , car quelle attente …

  6. Oui, je pense qu’il est préférable d’y aller en semaine pour éviter la foule des weekends. Bonne journée, bises.

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