LE SITE ABBATIAL DE SAINT MAURICE

Nous sommes en 1170 sur les terres de Conan IV duc de Bretagne, celui ci vient de faire don aux moines cisterciens de l’abbaye de Langonet,  » par pure charité et pour la rédemption de lui même et des siens  » de plusieurs hectares comprenant quelques villages, forêt et marais, à charge pour Maurice Duault abbé de Langonet, d’y établir une nouvelle communauté de moines cisterciens, ce qui sera entrepris en 1177 par la fondation sur les bords de la Laïta, à la lisière de la forêt de Carnoët par Maurice Duault de Croixanvec, de l’abbaye ND de Carnoët; il en sera le père abbé jusqu’à son décès en 1191. C’est en 1220 que le nom de Saint Maurice de Carnoët sera donné à l’abbaye en hommage à son fondateur. Partons à la découverte de ce site qui au fil des siècles a subi bien des vicissitudes et tout particulièrement lors de la révolution française de 1789 et de la deuxième guerre mondiale. L’ancienne orangerie édifiée au XVIIIème siècle a été parfaitement restaurée, pour bien l’observer il suffit de traverser la grande prairie ( ancien potager des moines ) on peut alors admirer l’élégance de ce bâtiment avec son toit en arrondi et ses lucarnes a fronton qui s’intègre parfaitement dans le paysage arboré qui se reflète sur le plan d’eau de la Laïta. Ce bâtiment était utilisé par les moines pour mettre à l’abri des rigueurs de l’hiver les plantes fragiles, d’où le nom d’orangerie. La ferme de l’abbatiale datant du XVIIème siècle a été restaurée pour lui rendre son lustre d’antan de manoir breton; situé à l’extérieur du monastère, ce bâtiment pouvait être occupé par le père abbé et sa domesticité, la communauté des moines résidant à l’intérieur des bâtiments monastiques. A la révolution, pendant la terreur une bande de chouans investit les lieux et chasse le dernier occupant Julien Launay. En 1997 à la restauration de la ferme on découvre qu’une espèce rare et protégée de chauves-souris a élu domicile dans les combles délabrés, leur présence a été prise en compte lors des travaux et ces petits animaux vivent maintenant dans le grenier sous les yeux de caméras qui enregistrent leur vie de groupe. Située non loin de la ferme, observons la grange aux dimes, la dime était un impôt payé à l’église qui était égal à un dixième de la récolte, mais l’abbaye avait une règle particulière qui ne demandait à ses métayers que la trente troisième gerbe de blé récoltée. Parfaitement restaurée la grange est constituée d’une pièce rectangulaire couverte d’une toiture de chaume en roseaux, matériau que les moines pouvaient trouver en abondance sur les bords de la Laîta, le sommet du toit est planté d’iris qui protègent le faîtage. A côté de la grange, la porte charretière de l’abbaye qui s’ouvre sur la rabine, route traversant la forêt de Carnoët et menant à Quimperlé, est tout ce qui reste du mur d’enceinte protégeant l’abbaye.Passons du matériel au spirituel, de l’église abbatiale il ne subsiste que la façade renaissance à fronton, construite au XVIIème siècle par les compagnons du devoir, les pilastres et les niches en coquille sont les caractéristiques du style renaissance. Sa destruction remonte à la révolution française ou l’abbaye abandonnée par les moines va être dévastée puis vendue comme bien national, les ruines ont en partie été utilisées comme carrière de pierres. Derrière le fronton l’église mesurait 42 mètres de long sur 7 mètres de large, elle était composée d’une nef, d’un large transept et d’un chevet.La salle capitulaire de style gothique est du XIIIème siècle, c’est le lieu où chaque matin se réunissaient les moines pour y entendre le père abbé commenter les chapitres de la règle de saint Benoit, il y rendait également la justice lorsque des larcins étaient commis sur les terres de l’abbaye, c’est le coeur spirituel de la communauté des moines cisterciens. Par un arrêté en date de 1956 la salle capitulaire ou salle du chapitre a été inscrite au titre des monuments historiques.

 

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A propos francoisclaude

J'aime beaucoup voyager, en France comme à l'étranger et lors de ces déplacements, j'essaie de faire de bonnes photos et vidéos.
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6 commentaires pour LE SITE ABBATIAL DE SAINT MAURICE

  1. kmaidy dit :

    bonsoir Claude,
    les abbayes sont toujours des lieux où règnent un grand calme et une grande sérénité …
    et je me demande comment des murs résistent ainsi au fil des siècles !
    toutes tes photos sont belles mais j’ai surtout un faible pour la première !
    bises et bonne fin de semaine !

    • Hélas,les murs de l’abbaye de saint Maurice n’ont pas résisté, tout au moins pour une partie, à la folie des hommes, j’ai connu ce site avant les travaux de réhabilitation et ce n’était pas très beau à voir. Bonne journée, bises.

      • kmaidy dit :

        heureusement qu’il y a encore des hommes qui ont plaisir à entretenir et à sauvegarder ces pierres du passé et souvent même bénévolement !
        bises et bonne fin de semaine à toi !

  2. vavadu92 dit :

    Coucou Claude
    Joliment raconté avec de belles photos
    Et tout comme Maidy je me demande comment les murs résistent..
    Bisous et bonne journée

  3. kmaidy dit :

    Meilleurs Voeux Claude pour un bonne et douce année,
    de préférence sans rhume et sans bronchite !
    bises amicales !

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