LORIENT ET LA COMPAGNIE DES INDES

La ville de Lorient doit sa naissance à la Compagnie des Indes Orientales fondée en 1664 par Jean Baptiste Colbert, sur les ordres de Louis XIV qui souhaite concurrencer les hollandais, qui depuis 1602 avec la VOC (compagnie unie des Indes Orientales) organise des expéditions commerciales avec les pays d’orient. Les anglais sont également sur le marché avec l’East India Company qui en 1615 signe un traité avec le Grand Moghol, l’autorisant a commercer avec les Indes. Le 22 août 1664 Louis XIV par déclaration royale donne le monopole du commerce avec l’orient à la Compagnie des Indes Orientales qui s’établit au Havre et rachète la Compagnie de Madagascar sise à Port-Louis. Désirant agrandir ses chantiers la Compagnie des Indes va s’implanter sur l’autre rive de la rade au lieu dit « la lande du Faouëdic » alors territoire de la paroisse de Ploemeur.

La compagnie commence par marquer son territoire en construisant des baraquements en bois qui vont former l’enclos, premier noyau d’une infrastructure qui va être appelée à se développer suite à la guerre de Hollande qui met en insécurité les installations de la compagnie dans le port du Havre, le siège de l’exploitation est transféré au Faouëdic.Très rapidement le port s’organise, des bâtiments en dur sont construits pour accueillir les corps de métier nécessaires dans un port et son chantier naval: voilerie, corderie, forge. Ouvriers, artisans , commerçants affluent, une ville est née, son nom sera Lorient.

Le premier grand navire construit par les chantiers lorientais de la Compagnie des Indes est lancé le 6 mai 1671 et porte le nom de « Soleil d’Orient » mais dans un premier temps l’activité du chantier porte essentiellement sur la réparation et l’entretien des vaisseaux de la compagnie. Il  faudra attendre les années 1730 et la réorganisation de la Compagnie des Indes pour qu’elle s’oriente sur le développement de la construction navale et la vente du retour des marchandise d’Asie dont elle a obtenu le monopole de la distribution dans tout le royaume.

En 1731 le contrôleur général Orry décide de regrouper à Lorient l’ensemble des activités de la compagnie et fait appel au premier architecte du roi, Jacques V Gabriel, pour concevoir un ensemble architectural regroupant autour du port tous les éléments nécessaires à l’activité commerciale et industrielle. Il importe que cette conception soit harmonieuse, rationnelle et reflète la puissance de la compagnie car c’est à Lorient et seulement là que se fait le commerce des importations de Chine, des Indes et de l’Arabie.ces travaux débutent en 1733 et seront terminés en 1750.

LORIENT l’hôtel Gabriel

 

 

Que pouvons nous retrouver aujourd’hui des fastes de la Compagnie des Indes? En premier lieu l’imposant Hôtel Gabriel conçu par Gervais Guillois et Louis de Saint Pierre. L’ensemble est constitué de deux pavillons en façade, prolongés par deux ailes latérales avec au centre un jardin à la française. Cet ensemble est destiné à recevoir  la salle des ventes ainsi que des logements. Malheureusement  le bâtiment originel a été détruit, incendié par les bombardements en 1943 et a été reconstruit strictement à l’identique. Les jardins sont ouverts au public ainsi que des salles d’exposition.

Sur la « montagne du Faouëdic » s’élève la tour de la découverte, édifiée en 1786  par l’architecte  Philippe Guillois, ce n’est pas un phare mais une tour de guet qui permet la surveillance  du chenal d’accès au port de Lorient, la tour est munie d’un paratonnerre  pour lui éviter d’être détruite comme la première construite en 1737 et foudroyée en 1751. Après avoir été reconstruite elle est foudroyée à nouveau en 1784. La coupole que l’on voit au sommet de la tour protège un système optique de communication.

LORIENT les moulins

 

Sur la même colline deux moulins dont la construction est antérieure à celle de la tour, ont été bâtis par la compagnie pour fournir la farine nécessaire à la confection des pains et biscuits destinés  à la nourriture du personnel. Le premier moulin date de 1677 et le second de 1719, ils sont identiques, construits en dur et couvert en ardoise, ils cessèrent d’être utilisés en 1825 après avoir été endommagés  par une violente tempête.

Au pied de la colline, une vaste bâtisse dite « maison de l’imprimeur » était en fait au XVIIIème siècle l’imprimerie de la Compagnie des Indes, c’est dans ces ateliers qu’étaient composés les catalogues de vente de toutes les marchandises proposées aux acheteurs, une fois par an, pendant la première quinzaine du mois d’octobre. Tout au long de l’année ce sont les documents nécessaires à l’administration qui sortaient des presses de cette imprimerie.

La Compagnie des Indes a ouvert des comptoirs en Afrique, le principal se situe à Saint Louis du Sénégal à partir du quel sont chargés à destination de Lorient: l’ivoire, le mil, les bestiaux, l’or. Jugé insuffisamment rentable, la compagnie met fin à son monopole en 1758. Les comptoirs de l’Inde à partir des quels sont exportés des épices, du mobilier et surtout des textiles représentent les plus gros tonnages transportés par les navires de la compagnie. Le commerce avec la Chine passe par le port de Canton où sont entreposés, épices, porcelaines et soieries. La guerre de 7 ans (1756-1763) va porter un coup fatal à la Compagnie des Indes, la suspension de son monopole en 1769 aboutira à sa liquidation.

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L’ETANG DU TER

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L’étang  a pour origine une ria, basse vallée de la rivière côtière, le Ter, qui se jetait dans la rade de Lorient; en 1967 la construction d’un pont-digue sur la route reliant Lorient à Larmor Plage ferme la ria et crée en amont l’étang dit de Kermélo. En 1997 une nouvelle digue est construite sur la commune de Ploemeur pour retenir les eaux du Ter et former l’étang Saint Mathurin qui se déverse en aval dans l’étang de Kermélo, c’est l’ensemble de ces deux pièces d’eau qui forme l’étang du Ter réparti sur trois communes, Lorient, Larmor Plage et Ploemeur.011

L’étang de Kermélo est un bassin d’eau saumâtre puisque alimenté par le dévers de Saint Mathurin en eau douce et à chaque grande marée l’ouverture des vannes du pont-digue à basse mer le vide en partie; à pleine mer c’est l’eau de l’océan qui pénètre pour rétablir le niveau. Le renouvellement de l’eau est indispensable pour réoxygéner  cette eau stagnante et permettre à la faune et à la flore aquatique de se développer normalement. Ouvertes au public, les rives de l’étang du Ter est un lieu014 de promenade très apprécié des familles de la région et des estivants, le pique-nique y est autorisé et des tables et bancs rustiques sont mis à la disposition des visiteurs; un parcours sportif avec agrès permet aux jeunes athlètes d’entretenir leur forme, des aires de jeux sont réservées aux enfants, une base nautique permet de s’initier à la pratique de la planche à voile et aux autres sports de plan d’eau.012

Un grand nombre d’oiseaux fréquentent cette grande nappe d’eau, certains occasionnellement comme le goéland cendré qui est un migrateur hivernant ou le sterne Pierre Garin, migrateur estivant. D’autres sont sédentaires tels les cygnes, les hérons cendrés et une forte colonie de grands cormorans, un oiseau piscivore qui peut plonger jusqu’à dix mètres de profondeur pour saisir sa proie. Après sa pêche il passe des heures à se faire sécher car son plumage n’est pas imperméabilisé, ainsi lesté par l’eau il peut plonger plus profondément003

Les rives de l’étang sont très arborées ce qui permet l’été de très agréables promenades à l’ombre des grands feuillus comme les hêtres, le chênes les châtaigniers, en hiver ces arbres auront perdu leurs feuilles mais les résineux, pins, sapins, mélèzes conservent leur couleur verte. L’automne vous offrira les belles couleurs mordorées d’une nature qui s’apprête à s’endormir en attendant sa résurrection printanière. Si vous venez dans la région de Lorient à quelque saison que ce soit, prenez le temps d’un grand bol d’air sur ce site merveilleux.001

 

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COLETTE DU BERCEAU A WILLY

yonne-2016-001Dans la froideur de l’hiver bourguignon, le 28 janvier1873, au 5 de la rue de l’Hospice à Saint Sauveur en Puisaye une petite fille poussait son premier cri en venant au monde dans la belle maison bourgeoise de ses parents. Le père, Julien Joseph Colette est le percepteur de la ville, charge qui  a été concédée en reconnaissance de la Nation au Saint Cyrien capitaine des zouaves Colette gravement blessé au combat et amputé de la jambe gauche. La maman, Sidonie Landoy, veuve Robineau-Duclos épouse Colette a hérité de son défunt mari des bâtiments de la rue de l’Hospice qui abrite maintenant la nouvelle venue, Sidonie Gabrielle Colette, sa demie-soeur , Juliette Robineau née en 1860, son demi-frère Achille Robineau né en 1863, son frère Léopold Colette né en 1866.yonne-2016-009 Nous pouvons aujourd’hui remonter le temps, 143 ans nous séparent de la naissance de Gabrielle Colette et il est possible de mettre nos pas dans les siens grâce a un exceptionnel travail de restauration de sa maison natale mené par l’association  » la maison de Colette ». Le jardin d’en face, le jardin du haut, le jardin du bas ont été reconstitués en fonction des descriptions que l’écrivaine en donnait dans ses livres. Le jardin d’en face, de l’autre côté de la rue avait été acheté par la famille Colette pour éviter le vis à vis d’une construction, il a été replanté à l’identique comme le jardin du haut et le jardin du bas. C’est à la spécialiste des jardins historiques Françoise Phiquepal que nous devons ces très belles réalisations.yonne-2016-007 Si la remise en état des jardins est une réussite, la reconstitution de l’intérieur du bâtiment tient du miracle, pour retrouver peintures et papiers peints d’origine recouverts de plusieurs couches relève du travail au scalpel d’un chirurgien, photographies, lambeaux de tapisserie vont permettre de refabriquer à l’identique  les matériaux nécessaires  à la mise en oeuvre de la réhabilitation des surfaces murales. En ce qui concerne l’ameublement, environ 20% des pièces sont celles ayant appartenu à la famille Colette, pour le reste elles sont d’époque et souvent d’origine locale, ce qui restitue bien l’ambiance familiale dans la quelle évoluait la jeune Colette jusqu’à l’âge de 18 ans.yonne-2016-016

1891, l’année terrible pour la famille Colette ruinée par des dépenses inconsidérées ils sont obligés de procéder à la vente volontaire de leurs biens, meubles et immeuble de Saint Sauveur, c’est un déchirement pour Gabrielle Colette que de quitter la maison du bonheur de son enfance pour rejoindre, à une quarantaine de kilomètres, Châtillon sur Loing où Achille Robineau, médecin de la ville va accueillir temporairement les Colette et leurs enfants dans la maison qu’il occupe au 20 de la rue de l’Eglise, en attendant que Jules Colette trouve de quoi loger sa famille dans cette ville du Loiret qu’il ne quittera plu jusqu’à son décès en 1905.yonne-2016-020 Gabrielle Colette commence une nouvelle vie sur cette terre du Gâtinais qu’elle va découvrir en accompagnant Achille dans ses visites de médecin de campagne et c’est à Châtillon sur Loing qu’elle rencontre un journaliste parisien, Henry Gautier-Villars, alias Willy; il est chauve, a 15 ans de plus qu’elle, elle a 20 ans, il lui demande sa main et elle accepte, c’est l’alliance de la carpe et du lapin. Le 15 mai 1893, mariage civil à la mairie de Châtillon sur Loing, la cérémonie religieuse est réduite à une simple bénédiction donnée à 4 heure de l’après midi dans l’église située à deux pas de la maison d’Achille et ce dans la plus stricte intimité.yonne-2016-024 Colette et son époux ont regagné la capitale, Gabrielle va écrire ses premiers livres que Willy s’empressera de signer, mais cela est une autre histoire. La famille Colette demeurera à Châtillon sur Loing ( qui deviendra Châtillon Coligny en 1896 dans une maison au 9 de la rue de l’Egalité.yonne-2016-025

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LE CHÂTEAU DE SAINT FARGEAU

yonne-2016-050Saint Fargeau, capitale de la Puisaye est une ville d’environ 1700 âmes située en Bourgogne dans le département de l’Yonne. De son  riche passé, ce gros bourg offre aux visiteurs la découverte d’un grand nombre de maisons anciennes à pans de bois, la tour de l’horloge construite en pierre et brique date du XVème siècle, c’est une ancienne porte fortifiée donnant accès à la ville; l’église sainte Ferréole fut construite à la fin du XIIIème siècle. A la suite de fouilles, la découverte de bijoux gallo-romains confirme que le site a été occupé par nos ancêtres les gaulois, mais nous sommes en Bourgogne, terre de Vercingétorix.yonne-2016-028 La pièce maîtresse à découvrir à Saint Fargeau, c’est le château qui, à l’origine n’était qu’un simple rendez-vous de chasse fortifié construit vers l’an 1.000 par un fils naturel d’Hugues Capet du nom d’Héribert qui occupait la charge d’évêque d’Auxerre. Au fil des siècles le château et ses terres changèrent de propriétaires et la place sera prise par les anglais pendant la guerre de cent ans. En 1450 Jacques Coeur, grand argentier du royaume de France achète le château, accusé de malversations il en est dépossédé un an plus tard par son juge Antoine de Chabannes qui rachète a vil prix le domaine et y entreprend des travaux d’agrandissement en lui donnant la forme pentagonale que nous lui connaissons aujourd’hui.yonne-2016-031 En 1566 Renée d’Anjou, une descendante d’Antoine de Chabannes épouse François de Bourbon, en 1576 le roi Henri III érige le comté de Saint Fargeau en duché-pairie, Saint Fargeau passe ainsi dans la famille royale jusqu’à  » La Grande Mademoiselle  » cousine de Louis XIV. Pendant la Fronde, Anne-Marie-Louise d’Orléans s’oppose à son royal cousin en fermant à ses troupes les portes de la ville d’Orléans ce qui lui vaut en 1652 son exil à Saint Fargeau; déçue par l’état des lieux, elle charge Jean-François Le Vau de reprendre les 4 façades intérieures  du château; les travaux qui dureront 4 ans donnent au bâtiment l’aspect dans le quel il se trouve aujourd’huiyonne-2016-044. En 1715 le château de Saint Fargeau devient la propriété de Michel-Robert Le Peletier des Forts et c’est en 1778 qu’il échoit par héritage à Louis-Michel Lepeletier de Saint Fargeau, avocat et conseiller au parlement de Paris il passe avocat général en 1785. Aux Etats Généraux de 1789 il est élu député de la noblesse de Paris. Après l’abolition des titres de noblesse il n’est plu que Michel Lepeletier. En juin 1790 il est président de l’Assemblée Nationale Constituante. Au procès de Louis XVI il vote la mort du roi le 20 janvier 1793 et le soir même alors qu’il est attablé dans un restaurant du Palais Royal il est blessé à mort par un ancien garde de Louis XVI et décèdera  vers 11 heure du soir, la veille de l’exécution du monarque. Il repose maintenant dans la chapelle du château de Saint Fargeau

Le blason de Mademoiselle de Monpensier

Le blason de Mademoiselle de Monpensier

La galerie des portraits

La galerie des portraits

L'escalier d'honneur

L’escalier d’honneur

 

La salle des gardes

La salle des gardes

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St. GERMAIN DES PRES PARIS QUE J’AIME

Saint Germain des Prés a connu ses heures de gloire après la libération de Paris, la France renaissait, les américains avaient amené le jazz dans leurs bagages, Sydney Béchet, Boris Vian, Juliette Gréco animent les nuits chaudes dans les caves du quartier, les zazous investissent le Tabou pour danser le swing avec l’orchestre de Claude Luter. Le club Saint Germain, voisin du Café de Flore et des Deux Magots attire une clientèle autre que les existentialistes, ce club de jazz est fréquenté par des intellectuels et le monde des arts et lettres et du spectacle qui viennent y applaudir des grands jazzmen américains comme Duke Ellington, Miles Davis, Kenny Clarkc mais aussi des français, Django Reinhardt, Martial Solal. Mais cette époque est révolue, le quartier a changé, on y vient pour se promener, boire un verre à la terrasse d’un café, découvrir son passé ancien, bref on y va pour muser.

Brasserie Lipp

Brasserie Lipp

Commençons notre balade par le boulevard Saint Germain, sur le côté impair, au 151 se dresse la devanture de la brasserie Lipp fondée en1880 par un alsacien, Léonard Lipp qui a fui son Alsace natale pour échapper à la germanisation induite par la débâcle française de 1870; en 1920 le restaurant change de propriétaire, il est racheté par monsieur Marcellin Cazes qui procède à des travaux d’embellissement, il fait poser des mosaïques sur les murs intérieurs et décorer le plafond dans le style 1900 ce qui amènera à un classement aux monuments historiques. La brasserie Lipp est devenue une institution et en 1935 Marcellin Cazes crée un prix littéraire à son nom. En 1965 la brasserie est mêlée à un fait divers qui fit grand bruit, l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, client du restaurant, par les services secrets marocains.                   Côté pair du boulevard, face à la brasserie Lipp, le Café de Flore offre sa terrasse aux touristes assoiffés. Ouvert sous le règne de Napoléon III, le Flore a toujours attiré les hommes de lettres, tel Huysmans; à la fin du XIXème siècle, Charles Maurras participe au Flore à la création de la revue « Action Française ». Début XXème siècle, Guillaume Apolinaire, André Breton, Louis Aragon fréquentent l’établissement; dès 1930 les grands noms de la littérature française assiègent le Flore, Queneau, Fargue, Bataille, Desnos, mais aussi des peintres de renom, Picasso, Derain, Giacometti. Pendant la seconde guerre mondiale, Jean-Paul Sartre et sa muse Simone de Beauvoir y tiennent salon.              A deux pas du Flore « Les Deux Magots » est un café à l’ancienne avec serveurs en tabliers blancs qui servent en plateau comme à son origine en 1884. On retrouve dans sa clientèle les poètes, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé; plus tard les Deux Magots deviendront la mecque du surréalisme avec à sa tête André Breton suivi par Aragon, Eluard, Soupault. En 1933 un groupe de surréalistes attablés au Deux Magots décident la fondation d’un prix littéraire pour contrer le Goncourt. Le premier lauréat du prix des Deux Magots est Raymond Queneau pour son livre  » Le chiendent » édité chez Gallimard. En 2016 le prix est attribué à Pierre Adrian pour « La piste Pasolini » aux éditions Les Equateurs.

L’église Saint Germain est une partie restante d’une grande abbaye fondée au VIème siècle par le roi Childebert Ier, fils du mérovingien Clovis; le lieu de culte originel ayant été détruit,une reconstruction voulue par l’abbé Morard débute vers l’an 1.000, la nef, le transept et la partie basse du clocher de l’église actuelle datent de cette époque, la flèche couverte en ardoise est du XIXème siècle. A la révolution les moines sont chassés de l’abbaye devenue bien national: vendue aux enchères l’ensemble des bâtiments, inclue l’église, semblent voués à la destruction mais une raffinerie de salpêtre s’y installe qui va fonctionner jusqu’en 1802. En 1803 l’église est remise au culte, une longue période de restauration s’ouvre et verra son aboutissement en 1862 par le classement aux monuments historiques. Le palais abbatial de Saint Germain des Prés doit sa construction au cardinal Charles de Bourbon nommé en 1562 abbé commendataire de Saint Germain des Prés. En 1586 le cardinal confie à Guillaume Bullant l’édification d’un palais sur les terres de l’immense abbaye, c’est une des premières constructions de style Louis XIII qui allie la brique à la pierre de taille. Vendu comme bien national en 1797 le palais abrite entre autre un sculpteur, James Pradier, qui y installe son atelier, c’est là qu’il sculpte les « Victoires » qui entourent le tombeau de Napoléon Ier. Après sa restauration dans les années 1970, le palais abrite maintenant différents centres de formation de l’Institut catholique de Paris. Le musée Eugène Delacroix, rue de Furstenberg est la dernière demeure du peintre, il s’y est installé le 28 décembre 1854 pour se rapprocher de l’église Saint Sulpice où depuis 1847 il décorait une chapelle. Le peintre vécut en ces lieux jusqu’à sa mort le 13 aout 1863. Il fit construire son atelier dans le petit jardin privatif dont il avait la jouissance; il écrit dans son journal: « la vue de mon petit jardin et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir ». Rénové en 2012 le jardin offre aux visiteurs une approche qui répond bien à l’ambiance générale du lieu que Delacroix a connu. La rue de Buci fut ouverte au XIIIème siècle, c’est une des artères les plus anciennes de Paris et des plus typiques aussi avec ses étales en plein air dont l’origine remonte au moyen âge; le 31 mai 1942 sous l’occupation allemande la rue de Buci est le théâtre d’une manifestation de la résistance contre le rationnement, des femmes envahissent et pillent restaurants et épiceries de luxe pour partager les vivres, pendant l’intervention de la police deux policiers sont abattus par les hommes d’un groupe de protection, l’évènement fut qualifier d’attentat terroriste. La rue Visconti est une voie étroite ouverte en 1540 sous le nom de Marais Saint Germain, aujourd’hui son calme et son ambiance « Vieux Paris » tranche avec l’agitation de la rue de Seine dans la quelle elle aboutit. Au XVIème siècle elle fut renommée « Petit Genève » à cause des nombreux protestants , dont Bernard Palissy, qui y trouvèrent refuge pour échapper au massacre de la Saint Barthélémy, c’est en 1864 qu’elle prit le nom de Visconti en l’honneur de l’architecte Louis Visconti auteur du tombeau de Napoléon Ier aux Invalides. Des personnages importants vécurent dans cette rue, Mérimé au numéro 20, Balzac au 17, Racine y mourut au 24. L’Ecole des Beaux Arts est installée au 14 rue Bonaparte dans des bâtiments qui regroupent d’anciens hôtels particuliers et les vestiges de l’ancien couvent des Petits-Augustins fondé par la reine Margot; l’école remplace en ces lieux le Musée des Monuments Français créé en 1795 par l’archéologue Alexandre Lenoir. Au fond de la cour d’honneur, une imposante façade, celle du Palais des Etudes est l’oeuvre  de deux architectes, François Debret et Félix Duban.

La rue de Nevers est une ruelle très étroite dont l’origine remonte  au XIIIème siècle, à cette époque elle était fermée par deux portes et était connue sous le nom de « Rue des Deux Portes », c’est en 1636 qu’elle fut appelée rue de Nevers car elle longeait les bâtiments de l’Hôtel du même nom. Longue de 163 mètres et large de 8 mètres elle se termine en impasse après le débouché de la rue de Nesle. Au fond de la voie, subsiste des restes de l’enceinte que Philippe Auguste fit élever pour protéger Paris des attaques possibles des anglais menés par les Plantagenet.

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MONTMARTRE PARIS QUE J’AIME

montmartre 002La butte Montmartre est le point culminant de Paris avec ses 130 mètres de hauteur et la basilique du Sacré Coeur qui domine la ville. Il y a très longtemps que les Dieux ont investi la place car à l’époque Gallo-Romaine deux temples furent bâtis, l’un dédié à Mercure, l’autre à Mars ce qui laisse à penser que Montmartre aurait pour origine:  » le mont de Mars  » transformé en:  » mont de martre ( martre=martyr ) ce qui colle bien avec la légende de Saint Denis, premier évêque de Paris décapité sur la colline et qui ramassant sa tête se rendit à pied jusqu’au lieu de sa sépulture, emplacement actuel de la basilique Saint Denis.montmartre 003

Au pied de la butte, arrêtons nous sur la petite place arborée Charles Dullin. Cadet d’une famille de 17 enfants, Charles nait en 1885 à Yenne en Savoie. Après ses études il se rend à Paris pour y entamer une carrière théâtrale qu’il débute en 1903 au théâtre des Gobelins et au Lapin Agile. Après avoir travaillé avec Jacques Copeau et Firmin Gémier, il monte sa propre troupe  » l’Atelier « . Sur cette place en 1822 le » théâtre Montmartre « est inauguré et poursuivra ses représentations jusqu’en 1913 date à la quelle il est transformé en cinéma: « Le Montmartre », son écran brillera jusqu’en 1922, date où Dullin rachète la salle et la baptise  » Théâtre de l’Atelier » qu’il dirigera jusqu’en 1940 avant de le confier à André Barsacq. Charles Dullin est décédé le 11 décembre 1949.montmartre 005

Poursuivons notre chemin jusqu’à la place des Abbesses, plus vaste que la place Charles Dullin mais comme elle arborée, elle a un petit côté provinciale avec ses bancs publiques, son manège enfantin et sa curiosité, la bouche de métro qui ouvre sur la station la plus profonde de Paris et qui est surmontée par l’un des derniers édicules Guimard, ce qui lui vaut une inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1978. L’abri est composé d’un toit en verre soutenu par des bras en fonte moulée, les entourages portent le sigle M pour  » métropolitain « . il ne subsiste plu que 87 abris Guimard à Paris, ils sont tous protégés.montmartre 007

Au nord de la place des Abbesses le square Jehan-Rictus offre aux badauds un espace de verdure et d’ombrage pour se reposer quelques instants en contemplant un curieux mur. Mais qui était Jehan-Rictus? Né le 21 septembre1867 à Boulogne sur Mer, fils de Mandé Delplanque et de Gabrielle Randon, il fut inscrit à l’état civil sous le nom de Gabriel Randon; bien qu’ils n’aient pas  reconnu l’enfant, ses parents se chargèrent de l’élever mais il eut une enfance malheureuse et s’émancipa dès l’âge de 17 ans. A Montmartre il côtoie des artistes et s’essaie à l’écriture de poèmes, il se lie d’amitié avec José-Maria de Hérédia et Albert Samain. Le succès vient quand sous le pseudonyme de Jehan-Rictus il déclama ses poèmes au « Quat’z’arts », un cabaret montmartrois.montmartre 008

Revenons au square et à son mur étrange; le mur « des  je t’aime  » es une oeuvre imaginée par Frédéric Baron et Claire Quito; construit sur une surface de 40m2 il est composé de 612 carreaux en lave émaillée où sont inscrits 311 « je t’aime » en 250 langues. Les éclats de couleur rouge sur la fresque sont sont les morceaux d’un coeur brisé, symbole d’une humanité qui se déchire et que le mur tente de rassembler. Ce monument insolite est dédié à l’amour universel.montmartre 011

Poursuivons notre ascension  de la butte pour arriver à la place Emile Goudeau où planent les ombres de grands peintres, Paul Gauguin, Pablo Picasso, Van Donguen, Modigliani, Le Douanier Rousseau entre autres, tous ces artistes résidèrent au numéro 13 de cette place dans des ateliers d’artiste, cet immeuble fut surnommé  » Le Bateau- Lavoir  » par Max Jacob. A l’origine existait à cet emplacement une guinguette  » Le Poirier sans Pareil « , en 1889 l’endroit est transformé en petits logements ne comportant qu’une seule pièce, en 1892 s’installe le premier locataire, Max Maufra un peintre breton. En 1970 un incendie ravage le Bateau- Lavoir, reconstruit en 1978 il abrite à nouveau des artistes peintres.montmartre 013

L’alimentation en eau du village de Montmartre posait de sérieux problèmes compte tenu de son altitude, en 1835 un premier château d’eau fut construit sous la forme d’une tour octogonale; après une surélévation en 1865 il fut alimenté par les eaux de la Dhuys. La façade donnant sur la place Jean Baptiste Clément est de style renaissance, quelques marches dans un jardinet fleuri donne accès à une niche en hémicycle qui abrite une superbe urne en bronze. Sur le fronton une plaque de marbre gravée rappelle les origines de la construction que l’on doit à l’architecte Titeux de Fresnoy. Les sculptures du fronton et de la façade sont attribués à Bandeville.montmartre 017

La maison qui abrite aujourd’hui  » La Bonne Franquette  » date probablement de l’époque de la reconstruction de Montmartre après le grand incendie de 1559. Quand cette auberge était fréquentée par Pissaro, Sisley, Cézanne, Ttoulouse-Lautrec, Renoir, Zola, elle s’appelait  » Le Billard en Bois « , jeu qui consistait à pousser un palais à l’aide d’une canne de billard pour renverser un bouchon sur le quel étaient empilés des sous ( pièces de 5 centimes ). Avec son charme de petit restaurant de campagne, son jardin inspira Van Gogh pour son tableau « La Guinguette »  .Ce carrefour de la rue des Saules et de la rue Sainte Rustique a été immortalisé par le fils de Suzanne Valadon, Maurice Utrillo, peintre représentatif de l’école de Paris, il a peint de nombreux paysages urbains, essentiellement des vues du quartier Montmartre.montmartre 019

En arrivant place du Tertre, nous atteignons le sommet de la butte Montmartre, c’est le coeur du village d’autrefois avec ses petites maisons qui enserrent le terre-plein planté de grands arbres à l’ombre des quels il faisait bon vivre; au numéro 3 la première mairie dont Georges Clémenceau fut l’un des occupants, en 1920 au 19 bis Jules Depaquit y installe  le siège de la commune libre de Montmartre mais aujourd’hui cet immeuble abrite le syndicat d’initiative, l’ancienne mairie est devenue la maison des petits poulbots héritiers de ces images d’enfants popularisées au début du xxème siècle par le dessinateur Francisque Poulbot, cette atmosphère villageoise maintenant disparue est remplacée par une foule interlope qui sur le coup de midi s’installe aux terrasses des cafés puis se fait tirer le portrait par des  » artistes » qui proposent tableaux et caricatures.montmartre 022

Tout à côté de la place du Tertre s’élève l’église Saint Pierre de Montmartre c’est la deuxième plus vieille église de Paris, elle fut construite en 1134 à la demande du roi Louis le Gros. Au fil des siècles de nombreuses transformations seront effectuées, la dernière restauration démarre en 1900 et dure 5 ans. La façade actuelle date du 18ème siècle, les voûtes de la nef du 15ème siècle, la travée du choeur conserve les plus anciennes ogives de Paris datées de 1147. 27 vitraux modernes confectionnés en 1952 et 1953 par Max Ingrand, maître verrier sont offerts à l’église par un paroissien. En 1980 Tomaso Gismondi, un sculpteur italien offre 3 portails en bronze pour la façade de l’église, les 6 ventaux fondus à Rome furent bénis par le pape Jean-Paul II avant leur expédition à Paris.montmartre 026

La basilique du Sacré Coeur de style romano-bysantin est l’oeuvre de 3 architectes: Paul Abadie, Honoré Daumet et Emile Hirsch, son financement a été assuré par une souscription nationale à laquelle ont participé près de 10 millions de fidèles. La construction de l’église commencée en 1875 fut totalement achevée en 1914, la consécration ne pu se faire pour cause de guerre que le 16 octobre 1919. Construite sur les lieux mêmes d’où démarra la commune de Paris en mars 1871 et la répression sanglante des versaillais, la basilique fut associée à cet épisode et considérée comme le symbole du pouvoir bourgeois opprimant le peuple ouvrier et révolutionnaire, une église pour expier les crimes des communards, c’est une hypothèse qui n’a jamais été confirmée.montmartre 027

Le clos Montmartre fut crée en 1933 par la ville de Paris à la demande de la société  le Vieux Montmartre, 2.000 pieds furent plantés sur 0,15 hectare, il ne reste plu aujourd’hui que 1762 ceps, gamais, pinot noir et cépages de différentes régions. La présence de vignes sur la colline de Montmartre est connue depuis l’an 944, au 12ème siècle l’abbaye de Montmartre entretient un vignoble et au 16ème siècle c’est sur l’ensemble de la butte que l’on produit un petit vin consommé localement. En 1860 Montmartre est annexé à Paris, les vignes commencent à disparaitre pour laisser place aux constructions et sont devenues inexistantes en 1928.montmartre 029

De tous temps le bâtiment qui abrite aujourd’hui le « Lapin agile  » eut pour vocation d’accueillir une clientèle assez particulière, en 1860 c’est une auberge  » Au Rendez-vous des Voleurs  » qui en 1869 devient  » Le Cabaret des Assassins  » et a pour décor des portraits de meurtriers célèbres.  montmartre 030

En 1880, à la demande du propriétaire de l’époque, le caricaturiste André Gill peint une enseigne représentant un lapin qui s’échappe de la casserole où il était prévu de le faire cuire, le lapin à Gill devient vite  » au lapin agile « . Au début du 20ème siècle voyous et artistes fréquentent le cabaret jusqu’à ce que son propriétaire, Frédéric-Gérard se débarrasse de la pègre  pour en faire une institution culturelle qui reçoit des artistes et des hommes de lettres tels Roland Dorgeles, Max Jacob, Paul Fort,Guillaume Apollinaire; Picasso en 1905 peint  » Au Lapin Agile: Arlequin au Verre « .Après la 2ème guerre mondiale le cabaret fait connaitre de jeunes artistes comme Léo Ferré, Claude Nougarro.montmartre 031

Le château des brouillards tire son nom  des brumes matinales qui se formaient à cet endroit où des sources existaient. Au 18ème siècle les ruines d’un moulin occupaient ce terrain quand un avocat au parlement de Paris y fit construire une  » Folie « , au 19ème siècle  les communs du château se délabrèrent, la Folie se ruina, des rapins et des marginaux y bâtirent des cabanes, ce lieu devint  « Le Maquis de Montmartre » qui fut détruit au début du 20ème siècle, la Folie est miraculeusement sauvée par Victor Perrot qui la rachète et la restaure. En 1983 Claude Nougaro écrit une chanson: Allée des Brouillards et Roland Dorgeles en fait le titre d’un de ses ouvrages: Le Château des Brouillards.montmartre 033

Place Marcel Aymé une étrange statue semble sortir d’un mur, c’est l’oeuvre de Jean Marais sculpteur en hommage à l’auteur du « Passe Muraille », Marcel Aymé natif de l’Yonne qui passa une grande partie de sa vie rue Norvins à Montmartre où il situe plusieurs de ses romans; monsieur Dutilleul,employé de bureau dans un ministère habite Montmartre et découvre un jour qu’il peut traverser les murs, il utilise ce pouvoir pour commettre des vols, il s’enrichit et finit par se faire prendre, il est jeté en prison dont il s’évade. Amoureux d’une jeune femme rencontrée rue Lepic, il traverse les murs pour la retrouver chez le mari jaloux , mais un jour, perdant son don il reste figé dans une muraille rue Norvins. La statue a été inaugurée en 1989 en présence de Marcel Aymé.montmartre 034

Le Moulin de la Galette est le dernier en état de marche subsistant sur la butte Montmartre qui en a compté  jusqu’à 15, construit en 1622 il était nommé « le blute fin » et servait indifféremment  à broyer du blé, le plâtre et même le raisin. En 1870 son propriétaire, monsieur Debray  y ouvre une guinguette où l’on danse et où l’on peut se restaurer en dégustant un petit pain de seigle nommé galette, arrosé d ‘un verre de lait ou d’une rasade du petit vin produit sur la butte et voilà comment de « Blute Fin » ce moulin est devenu « De la Galette ». Restauré en 1978 le moulin ne tourne pas, c’est en 2001 que Lucien Poupeau et Marcel Charron lui redonnent vie en rénovant les ailes; de nombreux peintres le couchèrent sur leurs toiles, parmi les plus célèbres: Renoir,Van Gogh, Lautrec, Utrillo, Picasso…….

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VENISE LA SERENISSIME

Venise wordpress 030Venise, cité mythique à qui l’on donne le titre de « sérénissime » doit sa construction à l’invasion des Francs  qui, en 811 poussa les habitants du continent à s’installer sur les îles de la lagune qui offraient un asile plus sur face aux barbares. La ville est bâtie sur 117 îles, 150 canaux et 400 ponts les relient entre elles, aucune circulation de voitures n’est possible, tout transport se fait par bateau, de la livraison des marchandises aux convois funéraires, la police et les services de secours sont dotés de canots rapides. Le vaporetto est l’autobus des vénitiens, l’inconvénient est que l’on y est aussi serré que dans le métro parisien aux heures de pointe, reste le bateau-taxi, mais assez onéreux.Venise wordpress 022

Le grand canal est l’avenue la plus extraordinaire du monde, c’est l’artère principale de la cité, il serpente sur 3km800, sa largeur varie de 30 à 70 mètres pour une profondeur moyenne de 5,50 mètres; il sépare la ville en deux: sur la rive droite les quartiers de Cannaregio, San Marco et Castello, sur la rive gauche: Dorsoduro, Santa Croce et San Polo. Jusqu’au 19ème siècle un seul pont permettait le franchissement du canal, le pont du Rialto; à partir du 12ème siècle des ponts de bois furent construits à cet emplacement, c’est en 1591 que fut inauguré le premier pont en pierre toujours en service aujourd’hui.

Le Rialto

Le Rialto

Des 4 ponts qui aujourd’hui traversent le grand canal, le pont du Rialto est le plus célèbre et le plus ancien reliant les quartiers de San Polo et de San Marco. Au 16ème siècle la république de Venise décide de remplacer le pont de bois par un pont en pierre, des projets sont demandés à l’architecte et sculpteur Jacopo Sansovino, à l’architecte Andréa palladio et à Michel-Ange. A l’issue d’un concours  organisé par le Doge de Venise, c’est un architecte suisse-italien qui est désigné pour l’édification du nouveau pont du Rialto, les travaux dureront 3 ans, de 1588 à 1591. L’ouvrage est composé d’une arche unique de 48 mètres qui supporte en son centre une grande arche et de chaque côté 6 arches en descente et 6 arches en montée de moindre importance dans les quelles sont logées des boutiques, 3 passages piétons en permettent l’accès.{B9F98C0B-5179-444D-8264-510325505498}-VENISE 2013 035

Les riches commerçants vénitiens, les magistrats de la ville se font construire des palais sur les rives du grand canal pour s’afficher et miroiter dans les eaux, tel le Ca’ d’Oro (maison d’or) voulu par Marino Contarini, procureur de Saint Marc et conçu par l’architecte Marco d’Amadio, il est construit de 1421 à 1434 dans le style gothique vénitien par les galeries du premier et second étage, mais les colonnades du rez de chaussée et les fenêtres carrées dessinent déjà l’arrivée du style renaissance. Légué à l’état italien en 1922 par son propriétaire Giorgio Franchetti, la « maison d’or » abrite maintenant un musée qui présente des peintures et sculptures.Venise wordpress 017

 

La plazza San Marco  est le coeur emblématique de la ville que Napoléon considérait comme « le plus beau salon de l’Europe », il fallut des générations d’artistes et d’artisans qui ont oeuvré pendant 10 siècles pour nous offrir ces merveilles que nous pouvons admirer aujourd’hui, le palais des doges, la basilique Saint Marc, le campanile, les colonnes du lion de Saint Marc et saint Todaro, nous avons là un miracle d’architecture, de couleurs et de lumière.Venise wordpress 029 Des galeries abritent de nombreuses boutiques de luxe ainsi que des cafés et restaurants, le plus célèbre d’entre eux est le Florian qui fut inauguré en 1720, la place s’ouvre sur le grand canal par la ravissante piazetta, lieu de rencontre entre les touristes et les pigeons vénitiens.VENISE 2013 027

Le palais des doges (Palazzo ducale) est à la fois la résidence des doges, le siège du gouvernement, d’un tribunal et d’une prison d’état; sa construction remonte au 12ème siècle mais entre le 13ème et le 16ème de nombreuses transformations lui donnèrent son apparence actuelle; sa façade est ornée d’un décor géométrique en marbres blancs et roses du plus bel effet. Son style gothique flamboyant est très typique de Venise. Choisi parmi les membres de l’aristocratie  du Grand Conseil le doge est élu à vie, principal magistrat de la ville, il incarne la République mais ses pouvoirs sont limités et il reste toujours sous la surveillance du Grand Conseil. A son décès les attributs de sa charge, l’anneau et le sceau portant ses armes sont détruits, l’état s’en trouve paralysé jusqu’à l’élection de son successeur.Venise wordpress 007

La basilique Saint Marc fut fondée en 828 et continuellement embellie jusqu’au 16ème siècle, art grec et médiéval, bysantin et toscan ont contribué à sa beauté sous toutes les formes possibles d’art: de la mosaïque à l’orfèvrerie, de la sculpture à la peinture. A sa consécration en 1094 le corps le corp de Saint Marc y fut miraculeusement retrouvé. La façade s’ouvre par 5 portails ornés de marbre et de sculptures de différentes époques ainsi que de mosaïques qui laissent une impression de grande richesse.Venise wordpress 012 En pénétrant à l’intérieur de la basilique on est frappé par la luminosité des mosaïques dont les plus anciennes datant de 1071 furent créées par des mosaïstes de Constantinople. Les thèmes présentés évoquent des scènes du nouveau testament, le Christ triomphant, le jugement dernier, la passion et la mort du Christ. Les noces de Cana et la Cène ont été réalisés d’après des cartons du Tintoret, la guérison des lépreux d’après des cartons de Véronèse.Venise wordpress 002

Dans le quartier de San Marco le feu détruit le théâtre San Bénédetto, à son emplacement une nouvelle salle est construite et prend le nom de « La Fenice » ( le phénix), son inauguration se fait en 1792. En 1836 le théatre est détruit par les flammes, reconstruit il rouvre ses portes en 1837. Le 29 janvier 1996 un incendie criminel le détruit à nouveau, mais tel le phénix il renait de ses cendres, reconstruit à l’identique avec son luxe d’origine.Venise wordpress 004 Les travaux débutent en 2001, durent 2 ans et coutent 60 millions d’euros; le 12 novembre 2003 la Fenice rouvre ses portes avec la Traviata de Verdi. Le théâtre a été modernisé avec la création d’une salle de musique de chambre et de salles de répétition le tout décoré de tentures et éclairé par des lustres de Murano.Venise wordpress 005Venise wordpress 006

 

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OSIRIS ET L’INSTITUT DU MONDE ARABE

IMA 001-001L’Institut du monde arabe voulu par François Mitterand qui l’inclut dans sa liste des grands travaux sera mis en oeuvre par Valéry Giscard d’Estaing qui en confie la réalisation à Jean Nouvel et Architecture-Studio et c’est le 30 novembre 1987 que le président de la république François Mitterand en fera l’inauguration. L’architecte Jean Nouvel conçoit la façade sud du bâtiment en se référant à la tradition des bâtisseurs arabes, elle se compose de 240 moucharabiehs qui doivent assurer une ventilation automatique des locaux par ouverture et fermeture séquentielle.osiris 001-001

En dehors des collections permanentes dédiées au monde arabo-islamique, l’institut du monde arabe propose chaque année une exposition temporaire ciblée sur le patrimoine artistique, monumental ou religieux des états arabes, cette année l’INA nous propose  » Osiris mystères engloutis d’Egypte « . Toutes les pièces présentées , de la plus petite à la plus grande proviennent des fouilles sous-marines menées, par l’archéologue Franck Goddio, dans la rade d’Aboukir, ainsi que de différents musées égyptiens.osiris 007-001        Dieu du panthéon égyptien  et roi mythique de l’Egypte antique, Osiris serait selon la légende fils de Nout la déesse du ciel et de Geb le dieu de la terre et aurait un frère Seth, deux soeurs Isis et Nephtis. Frères et soeurs se mettent en couple, Osiris épouse Isis et Seth épouse Nephtis. Osiris trompe Isis avec sa belle-soeur Nephtis, son frère Seth par vengeance l’assassine, Isis très amoureuse de son époux le ramène à la vie, une histoire de famille vraiment très compliquée. Osiris sur sa couche funèbre est entouré , de 4 faucons qui représentent les points cardinaux et un cinquième représente Isis. Ce gisant fut découvert dans la tombe du roi Djer, ce mausolée devient durant le moyen empire la « véritable » tombe du dieu Osiris, ce gisant date probablement de la troisième dynastie.osiris 011-001

Isis dans l’art égyptien est représentée sous la forme d’une femme à la poitrine dénudée et revêtue d’une longue robe laissant deviner les formes de son corps, c’est la déesse de la fertilité et de la maternité, elle a le pouvoir de ressusciter les morts. Le culte d’Isis devint au cours de l’antiquité quasi universel, de l’Egypte ancienne aux provinces éloignées de l’empire romain Isis ne cessera d’être vénérée, on trouve des temples qui lui étaient dédiés à Délos, Pompéi, Philaé. Sa puissance magique ne pouvait qu’accroitre le nombre de ceux qui recouraient à elle, les papyrus racontent comment Isis parvint par ruse à surprendre le nom secret du dieu suprême, ce qui lui conférait  sur l’univers une puissance illimitée.osiris 016-001                    La déesse Thouéris est une hybride, sa tête et son corps sont ceux de l’hippopotame mais ses seins gonflés par le lait sont ceux d’une femme qui nourrit un enfant, ses bras se terminent par des mains et ses membres inférieurs sont ceux d’une lionne. Son aspect est placide et rassurant ce qui fait qu’elle est devenue une divinité protectrice de la famille et tout particulièrement de la femme et de son enfant, c’était la gardienne du foyer qui veillait et assistait la femme en gestation jusqu’à la délivrance. Thouéris est une figure essentielle de la piété populaire et de la religion des humbles, les parents qui attendaient la venue d’un enfant adressaient leurs prières à cette déesse, le culte de cette divinité était très simple mais la piété intense et unanime.osiris 012-001

Apis est un taureau sacré de la mythologie égyptienne dont le culte remonte à des temps préhistoriques comme le prouve des gravures rupestres. A partir du nouvel empire Apis est également associé à Rê( la vie ) et est représenté avec un disque solaire entre les cornes puis il fut assimilé à Osiris sous le nom d’Osiris-Apis et se trouve alors intégré au culte funéraire. Les prêtres choisissaient dans un troupeau un veau présentant des signes particuliers, il devenait l’incarnation physique du dieu et était vénéré dans tout le pays après avoir été conduit à Memphis et gardé près du grand temple de Ptah dont il était également l’incarnation.osiris 006-001osiris 010-001osiris 014-001

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LA BASE DE SOUS-MARINS DE LORIENT

Base sous marine Lorient 2015 015Juin 1940 Pétain signe la capitulation de la France, les troupes allemandes envahissent notre pays, Hitler doit maintenant s’attaquer à l’Angleterre et pour commencer, en faire le blocus en utilisant sa flotte de sous-marins, (les U boote), commandée par le vice-amiral Karl Dönitz. Sur la façade atlantique française 5 bases devront accueillir  les « Loups gris », surnom donné aux submersibles allemands à cause de leur couleur. En juillet 1940 les premiers U boote arrivent à Lorient et s’amarrent à l’arsenal, le 2 septembre 1940 la flottille est attaquée par la RAF, l’arsenal de Lorient n’offre pas un abri sur.Base sous marine Lorient 2015 013

L’organisation Todt est chargée de construire sur la presqu’île de Kéroman une base-abri qui se révèlera être la plus importante érigée en France au cours de la seconde guerre mondiale, beaucoup plus tard la base des sous-marins nucléaires de L’Ile Longue à Brest lui ravira ce titre. En décembre 1940 la zone de Kéroman est évacuée et toutes les constructions sont rasées, les travaux pourront débuter en février 1941. L’ingénieur Fritz Todt a conçu un plan qui permet la mise à sec des sous-marins en construisant 2 dombunkers en vis à vis séparés par une vaste plateforme.Base sous marine Lorient 2015 006 Le premier bloc K1 (K pour Kéroman) est construit en 8 mois,de février à septembre 1941, il comporte 5 alvéoles dont une s’ouvre sur la mer et le deuxième bloc (K2) est construit de mai à décembre 1941, il compte 7 alvéoles.Base sous marine Lorient 2015 001

 

 

La manoeuvre de mise à sec consiste à faire pénétrer  le sous-marin dans l’alvéole ouverte sur la mer, par un système d’écluse et de pompe  l’eau est vidée de l’alvéole pour que la coque repose sur un berceau qui sera tiré sur la plateforme de translation latérale desservant  les 12 alvéoles du K1 et K2. C’est Base sous marine Lorient 2015 010une conception inédite pour une base à sec, le slipway est né, il est maintenant utilisé dans tous les chantiers de construction ou réparations navales.

En octobre 1941 l’entreprise Todt débute la construction d’un troisième bloc, le K3 qui sera terminé en janvier 1943; son usage est différent des K1 et K2, c’est une base à flot qui permet l’entrée et la sortie rapide des bâtiments, sa capacité de stockage est de 13 sous-marins. Long de 138 mètres, large de 170 mètres et haut de 20 mètres 50 le K3 est composé de 7 bassins à flot;Base sous marine Lorient 2015 005 a fin de résister aux bombes les plus puissantes de l’époque, l’épaisseur de son toit « double peau » varie de 7mètres 50 à 9 mètres. Le K3 est relié aux K1 et K2 par un tunnel qui permet l’alimentation en fluides nécessaires à l’activité de la base qui, et tout particulièrement le K3, abrita hommes et matériel durant le siège de la poche de Lorient jusqu’au 10 mai 1945, date de la reddition du commandement allemand.Base sous marine Lorient 2015 013 Deux blocs complémentaires à la base à sec  étaient prévus pour abriter 24 sous-marins, ce K4 resteras inachevé en avril 1944 par manque de matériaux et aussi à cause de l’imminence du débarquement allié; seul ne subsiste aujourd’hui que le mur latéral de la future gare de la desserte ferroviaire du K3. Entre février 1941 et janvier 1943, 15.000 ouvriers ont construit ce complexe militaire qui représente un million de mètres cubes de béton armé. La construction de cette base a entrainé la destruction de Lorient; en septembre 1940 la RAF vise l’arsenal et attaque la ville avec des bombes incendiaires, en 1943 huit bombardements ravagent le centre ville.Base sous marine Lorient 2015 005En 1945 la marine nationale française prend possession des bâtiments, en 1946 la base de Kéroman est baptisée du nom de l’ingénieur général Jacques Stosskopf, ancien chef de la section des constructions neuves de l’arsenal de Lorient qui pendant l’occupation fournissait des renseignements sur l’activité stratégique de la base à un réseau de résistance. Démasqué par l’occupant il fut déporté et exécuté par les nazis le premier septembre 1944 au camp du Struthof.Base sous marine Lorient 2015 008

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QUIMPERLE EN BRETAGNE SUD

quimperlé 017Le nom breton de cette ville est Kemperle, il provient du mot kember qui signifie confluent et de Ellé nom d’une rivière qui avec l’Isole mélangent leurs eaux pour former la Laïta,une grande ria d’une quinzaine de kilomètres qui rejoint l’Atlantique au Pouldu et qui sépare le Finistère du Morbihan; grâce à la Laïta Quimperlé fut longtemps un port maritime de commerce, il n’accueille plus maintenant que des navires de plaisance. Quimperlé défraie maintenant la chronique avec les crues de la Laïta qui inondent les quais de la basse ville.quimperlé 001

L’abbaye bénédictine de Sainte-Croix a été fondée au moyen-âge par le comte de Cornouaille Alain Canhiart, c’est le noyau originel de l’agglomération que nous connaissons aujourd’hui; l’église abbatiale Sainte-Croix offre des particularités surprenantes, son plan circulaire est le même que celui de l’église du Saint Sépulcre de Jérusalem et prend la forme de la croix grecque, c’est l’église romane à plan centré la plus haute de France. En mars 1862 l’effondrement du clocher a entrainé la destruction d’une partie de l’église, fort heureusement le choeur des moines ainsi que la crypte sont restés intacts.quimperlé 004

L’église renferme un riche mobilier dont une mise au tombeau que l’on estime être la plus ancienne de Bretagne puisque érigée vers 1500 dans l’ancienne église des dominicains aujourd’hui disparue. Pendant 85 ans ce chef d’oeuvre du moyen-âge a été abandonné aux intempéries et au vandalisme dans un lieu publique avant d’être sauvé de la destruction par son installation dans l’abbatiale, ce qui explique l’importante dégradation de cet ensemble sépulcral où le gisant du Christ est entouré de sept personnages.quimperlé 003

Le retable renaissance en calcaire charentais est l’oeuvre de sculpteurs inconnus, peut être d’origine italienne. Placé à l’origine face à l’entrée principale de l’église abbatiale,il est déplacé 190 ans plus tard pour trouver sa place actuelle.

Avec en son centre un Christ en majesté, le retable regroupe sur cinq registres les personnages de l’ancien testament, les évangélistes ainsi que les apôtres .quimperlé 011

Au sortir de l’abbatiale, en descendant la rue Ellé on aboutit au « pont fleuri » autrefois appelé « Pen-Pont-Ellé », de construction médiévale, sans doute du 15ème siècle, il enjambe l’Ellé et a été jusqu’en 1643 le seul moyen d’accès à Quimperlé depuis l’est de la ville. Après la crue de 1746 les deux arches centrales ébranlées ont été reconstruites. Le pont était défendu autrefois par deux tourelles s’appuyant aux murailles qui ceinturaient la basse ville, transformant celle-ci en ville clause ne s’ouvrant que par trois portes; ces remparts édifiés entre 1250 et 1270 tombèrent en ruines après la guerre de cent ans et furent rasés en 1680.quimperlé 015

Le Présidial a été construit en 1683 pour remplacer la cohue médiévale, c’est l’un des rares monuments historiques de la région à vocation judiciaire, ce bâtiment était le siège du tribunal de la sénéchaussée de Quimperlé, la justice royale y était rendue dans une salle du premier étage, aujourd’hui disparue; de ce Présidial, il ne reste que le perron, escalier à deux volées à belles balustres de granit qui menait à l’auditoire de justice.quimperlé 013

Dans le quartier du Présidial,du 16ème au 19ème siècle, les notables, les officiers des armées et de la marine royale firent construire  par des architectes réputés de Lorient de belles demeures, ces hôtels particuliers  possèdent de grands jardins descendants sur les rivières de l’Isole et de l’Ellé. L’implantation de ce quartier noble s’explique par la proximité du pouvoir politique, administratif et judiciaire.quimperlé 020

 

La maison des archers située dans la très ancienne rue pavée Dom Morice qui présente un bel ensemble architectural du 15ème au 16ème siècle. Au 18ème siècle trois générations de notaires, les Gourhael vivent dans cette demeure transformée au 20ème siècle en école privée puis léguée à la ville de Quimperlé. Construite sur trois niveaux cette maison présente des étages supérieurs en encorbellement sur sablière composés de gracieux entrelacs de bois verticaux et de poteaux raidisseurs disposés en épi dont le dessin ainsi formé est appelé »brin de fougère ».quimperlé 023

L’église Notre Dame de l’Assomption, bâtie au sommet de la colline Saint Michel est le point culminant de la haute ville de Quimperlé et depuis le moyen-âge son centre commerçant et populaire. De style gothique,l’église se dresse imposante,avec sa tour haute de 35 mètres visible de très loin quand on approche Quimperlé. En 1373 en pleine guerre de succession en Bretagne, le plus célèbre des chevaliers , Bertrand Du Guesclin met la ville à sac et pendant la bataille l’édifice est partiellement détruit. La nef date du 13ème siècle et le choeur du 15ème ainsi que le magnifique porche nord reconstruit dans le style gothique flamboyant. La construction de la tour représente un exploit car elle a été élevée sur un rebord de plateau, terrain inconfortable, sans compter qu’avant la révolution elle supportait une flèche de 25 mètres!quimperlé 027

La chapelle Notre Dame des Sept Douleurs , dite chapelle des Ursulines est en haute ville un monument historique du 17ème siècle situé dans un ancien ensemble monastique fondé par une communauté d’ursulines se consacrant à l’éducation des filles. Sa façade datant de 1690 répond aux exigences du style jésuite. Par son élancement et l’harmonie de ses proportions, cette façade est un intéressant exemple de l’architecture des ursulines en Cornouaille. Aujourd’hui cet ensemble monastique est devenu le collège « Jules Ferry ». La chapelle est au centre de l’édifice avec les locaux des religieuses d’un coté et les bâtiments pour l’enseignement de l’autre.

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